Miró plus… Léger

La place que tu prends 
Quand tu n’es pas là
Plus que Miró plus… Léger
Tu navigues dans les formes
Aussi palpable qu’une orange
La place que tu prends
Quand tu t’égares
Plus que Miró plus… Léger
Le temps à contretemps
Tourne en messages silencieux
La place que tu laisses
Quand ton amour s’arrache
Plus que Miró plus… Léger
De l’espace bancal

Derniers murmures

Les derniers murmures de l’âme entêtante
Se dispersent dans les brumes secondaires
Collée à ma chair
La dernière empreinte de bouche
Se fait encore sentir dans
Les réseaux nerveux de ma joue
L’ombre prisonnière
Traverse les prés
Étalée comme un voile sur un rocher
Ou bancale sur une jument fatiguée
Elle me laisse dans le noir
Avec pour seul point de repère
La cave résonnante
De mes souvenirs

Bleeding childhood

Le visage dérangé de justesse
Je termine ma ronde
Dans la douceur
Du soleil courageux
Il émane de moi
Dans mes humbles désirs
Un air éternel
Et
Une odeur de jasmin
Les mains longues
Me semblent plus lisses
Le corps dans ses lignes
Se dresse comme une tige de mars
C’est le temps d’un instant
Que les fluides dans leur force
Entrouvrent le passage vers l’immatériel

Petit être

Petit être qui s’enfonce
Dans la fosse des communs
D’hiver en hiver
Protège tes yeux
Du démon qui couve
Ne dis rien qui l’attire
Cours si tu le veux
Multiplie tes pas si tu le peux
N’imite rien d’autre que toi
Saute les rivières 
Ou
Monte au ciel si tu le veux.

Respire

L’autre se traîne
Aspirant par la narine un brin d’air carboné
La vertu dissimule en son ventre
Le poids de l’or
Effacée par nature
Et mouillée d’eau glacée
Elle est troublée à la pensée
De rester planter là
Ce trou béant en dessous
Happe tout jusqu'à la racine
Il ne subsiste rien
Qu’un peu d’air frais…
Pour l’autre narine