Du temps

Les temps nous accablent
Lourdement
Le temps s’arrête pourtant
Pour
Entrouvrir un espace particulier
Ou le mot
Pointé du doigt
En deux temps
De haut en bas
Porte la signature
Du temps passé
Et tant pis si
Partant de là
La tempête et les vents
Soulèvent
Un tant soit peu
Le temps présent

Pensée noire

L’autre se traîne
Aspirant par la narine un brin d’air raréfié
La vertu dissimule en son ventre
Le poids de l’or
Effacée par nature
Mouillée d’eau glacée
Elle poussera Pensée noire
Comme une vivace
Dans un terrain vague
Le trou béant en dessous
Happe tout
Jusqu’aux racines
Il ne reste rien
Qu’un peu d’air frais
Pour l’autre narine

Miró plus… Léger

La place que tu prends 
Quand tu n’es pas là
Plus que Miró plus… Léger
Tu navigues dans les formes
Aussi palpable qu’une orange
La place que tu prends
Quand tu t’égares
Plus que Miró plus… Léger
Le temps à contretemps
Tourne en messages silencieux
La place que tu laisses
Quand ton amour s’arrache
Plus que Miró plus… Léger
De l’espace bancal

Derniers murmures

Les derniers murmures de l’âme entêtante
Se dispersent dans les brumes secondaires
Collée à ma chair
La dernière empreinte de bouche
Se fait encore sentir dans
Les réseaux nerveux de ma joue
L’ombre prisonnière
Traverse les prés
Étalée comme un voile sur un rocher
Ou bancale sur une jument fatiguée
Elle me laisse dans le noir
Avec pour seul point de repère
La cave résonnante
De mes souvenirs

Bleeding childhood

Le visage dérangé de justesse
Je termine ma ronde
Dans la douceur
Du soleil courageux
Il émane de moi
Dans mes humbles désirs
Un air éternel
Et
Une odeur de jasmin
Les mains longues
Me semblent plus lisses
Le corps dans ses lignes
Se dresse comme une tige de mars
C’est le temps d’un instant
Que les fluides dans leur force
Entrouvrent le passage vers l’immatériel