De profundis

Je prends à pleines mains le sable
Et le jette à la figure
Des derniers relents de mémoire
Sous la voûte
Les pierres mal jointées
Transpirent un parfum de moisi familier
Qui soulève le cœur de l’araignée
Elle tricote pourtant
Dans le jour et la nuit
De l’ampoule mal ficelée
Bout de fil aussi
Qui s’allume et s’éteint
Et qui donne un semblant de vie
Au sombre désordre
De cette profonde cave

Le bourdon

Les dimanches ne sont pas heureux
Les routes écrasées
Reçoivent les corps inanimés
La pierre qui touche le front
Ne le fait pas exprès
Elle se dit
Il y a plus fort que moi
Mais pas lui !
Le papillon se pose brièvement
Sur des lèvres déjà pâles
Le souffle
À demi
Libère une syllabe
Qui se pose
Au moment où passe le bourdon
Sur ses ailes bleutées
Le message se colporte
De fleurs en herbes
Et dit au monde
Je suis encore vivant
Mais pas ici