Finistère

Je ne veux pas que tu t’attaches  
Garde tes distances
Dans la brume pervertie
Ta main dépourvue de bonté
Travaille sur la reproduction
Je ne ressens rien d’humain
Hormis la mécanique
Décollés du palais
Que deviennent les mots ?
Portent-ils loin les signes
De la lointaine eau claire ?
Où faire recommencer
Les terres amoureuses
Les sables remués
De galets s’accordant
Au premier chant finistère

Les corps réfractaires

Approche-toi du sommet pour sentir l’ivresse 
Les poumons se gorgent d’air innocent
Qui gagne en symbole visionnaire
Et les retours de lumière
Frappent les lunes voilées
Je te tiens pour glorieux
Mais les formules apprises
Dans les temps anciens
N’enivrent que les éperdus
Et passé cette folie
Les pieds se recroquevillent
Dans des terres si molles
Que le corps tout entier
Abandonne une à une
Ses cellules réfractaires

Le maudit

Je suis le danger
Considérant
Le point de vue
La géographie
Le raccourci
Maudits soient
Les sols mouvants
Les murs bruyants
Les corps suppliants
Sous un ciel enflammé
Je me donne corps et âme
Je m’accroche aux branches
Possédé
Dépossédé
Je rends des comptes
En multiplication
En sidération
Je dépose là, à tes pieds
Mes sautes d’humeur
Je suis le mal
Le maudit
Considérant
La distance
L’éloignement
La chute

Pensée noire

L’autre se traîne
Aspirant par la narine un brin d’air raréfié
La vertu dissimule en son ventre
Le poids de l’or
Effacée par nature
Mouillée d’eau glacée
Elle poussera Pensée noire
Comme une vivace
Dans un terrain vague
Le trou béant en dessous
Happe tout
Jusqu’aux racines
Il ne reste rien
Qu’un peu d’air frais
Pour l’autre narine