Des fantômes dans les yeux
Brillants comme des météores
Me visitent chaque nuit.
Ils me pressent m’étouffent
Leurs âmes chevillées au corps
Je les entends me dire
A quel jeu joue t’on
Dans cet étrange croisement de vie?
Aujourd’hui un pied dans le soir
Je monte une à une les
Seize marches couleur automne.
A un pas de la porte des lumières
Je lève les yeux sur l’alliance sororale
Et je me dis
Le temps presse
Pour y voir les lamelles d’or
Qui me guideront vers l’autre monde
Je baisse les yeux à présent
Sur la lenteur ou chaque minute
Me fige dans la prostration
De ce même temps qui file en ligne droite
Ce soir et demain
Ne verront plus l’amour
Ne battront plus l’air
D’attendre le sublime
Pour un mot
Un plan, le dernier
Abattre un pan de vie
De ce divin chagrin
Et, de ces vapeurs de cendres
Renaître comme
La fleur de saison
Couleur de fantôme
Rencontré chaque nuit
Catégorie : Poésie
A quai

C’est ton ombre pris dans des bras
Que je vois fantôme
Tu iras danser
Un œil ouvert, derrière
Sur le port de plaisance
Y trouveras compagnie de deux agates bleues
Que tu pousseras délicatement
Combien de cris sortiront de ta bouche
Pris dans des mains
Qui te feront valser
Un haut le cœur
Dans ce virage serré
Oh mon cœur, dans la gorge
Combien de souffles jusqu’à l’aube
Il me faudra trouver
Dépoussiérer
Un rebord, quelque part trouver un repère
Où je ferais le mort et j’y entendrais
Des mots inaudibles sortir de ta bouche
Quand tu monteras
Sur le cheval de Dalecardie
Une nuit, un matin
Tu embrasseras des lèvres
Un doigt devant le rêve divin
Tu la prendras par la main
Celle-là ou une autre
Et dans la nuit, une nuit
Un Capitol fantôme
Partira à la bonne heure
Petit nom, petite mort
Sans correspondance
Des tronçons d’autoroutes
Des kilomètres lus bout à bout
Combien en mots vrais
Je suis à combien de l’arrivée
Sans titre
Combien de valises a porter
Mon âme en mille morceaux
Mon âme qui brûle dans un sac
Demain, je renaîtrai en particules de pierre
Les pieds baigneront dans une fontaine fraîche
Ma vie me suivra en ronds de larmes
Et je verrai défiler les années
En toute discrétion
Dans ce silence qui vacille
Sentir un jour, mon amour
Le poids de ton corps
Ce corps attendu
Dans le bleu ciel ou bleu sang
Je ne sais plus où marquer le temps
je suis devenue ce que je suis
Je suis devenue l’abandon
Enterrée sous un silence
Pris dans le vent
L’antichambre
A la croix tête en bas
Dévisser
D’un bras
D’une main a plat
Comment supporter un tel poids
Se sentir écraser par son propre sang
Face contre poussière
Le poids de soi est lourd
Que n’ai je su jouer des poings
Pour battre ma mémoire
A la croix tête en bas
Derrière ce temps
Jour comme nuit
Et l’autre qui file
Dans l’entre deux qui gronde
Puissent les étoiles se déraciner
Et tomber en cendres
Brûlantes
Faire nuit
Qu’elle ne cesse
Que n’ai je appris à creuser
Pour enterrer mes yeux, ma bouche
L’essentiel à la surface
Un corps léger
Qui se penche avec le vent pour ne pas tomber
Est ce que la mort nous pardonne
Sis
Les étincelles de la pensée Se posent en lumière soudaine Sur les formes astrales Les mots tombent Au fil des temps Des vers mourant De ne pas être De ne pas avoir Une vérité Que l'on fait entrer dans l'oubli Les comptes détaillés De mes sœurs Considérant l'exploitation Pièce par pièce Du genre nouveau Elles me deviennent vérité Lors de leur entrée dans l'oubli
Condoleō
Si tu veux
Tourne-moi autour
D’hiver en hiver
Ne dis rien qui m’attire
De demain à hier
Multiplie tes pas
Aussi loin de moi
Si tu peux
Protège mes yeux
Des funestes ruines
Du désordre
Tombent l’air et l’espace
En terre
Et considère l’œil qui pleure
La valeur du je
L’accès à la valeur femme
Oscille entre la qualité intime
Des cellules à quatre murs
Et la paroi transparente
De l'intime qualité du je.
Petites fatalités
Indélicatement
Cette part de moi
Laisse émerger
Le sens des regards
Ils ne font pas de moi
Celle que je suis
Ils n'autorisent
Que la limite
Du savoir
Et ne vont pas au delà
La tête tourne
Sans que l'esprit l'attrape
Rien ne passe
Aucun bien
Aucun fait
Juste le ressenti
De petites fatalités
Les envolées
Un jour Mères
Dans des bains de jeunesse
Vous verrez naître des filles de personne
Elles allumeront telles des lucioles
Des cercles lumineux
Et déposeront les graines
De mauvaises herbes
Qui demain éveilleront
Dans la blancheur du soleil
Les âmes envolées
Le féminin
Ma gorge avale un cortège
De bagages vides
Portés par des femmes
Toutes de noir vêtues
Je devine en strates
La voix de celle
Par qui la vie m’a été donnée
Je l’entends crier en moi-même
Un cri
Privé de matière
Hérité du silence séculaire
Je voudrais donner ma bouche
A un arbre un oiseau une pierre