
Huile sur toile 55 x 46 cm
"L'odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux" Francis Bacon
Parlons simple
Un oiseau m’a fait comprendre
Que l’envol
N’est qu’une illusion
Que le mot est inapproprié
Lui agit hors le temps
Dans une poussée insolente
Sans un mot de trop
Je participe à la ronde
Selon lui
La terre vire
Ajuste l’optique
Des menaces
Digère le festin
Et considère
Le mur vide
Je participe à la ronde
De ce monde
Dans une béatitude souveraine
Éclairée par la seule volonté
Déclinante parfois
De prières à sang noir
Partir avec la nuit
Avant l’heure
Du premier tour d’harmonie
Avant que les plaines
Ne se parent de la couronne
Aux mille feux
Avant que se taisent les chants nocturnes
Chemin tout tracé
De la graine au grain de sable
Sur la pointe des pieds
Glisser pour ne pas s’éveiller
Embrasser les formes délicates
Sans saillies où se blesser
Partir avec la nuit
Avant les premiers aboiements
Le premier dépôt de rosée
Respirer ce qu’il faut
Pour ne pas soustraire
Son âme au noir
L’invisible existe.
Parties en fumée
Dans un feu étroit
Les chimères rougeoyantes
Escaladent les pics nerveux
De la face cachée de la lune
D’autres encore
Savourent la fraîcheur de l’aube
S’évanouissant dans les bras
De la dernière brume
Ou bien livrées en bloc
Toutes prêtes à remuer
Ciel et terre
Pour déboussoler le monde
L’heure, la nuit a ses secrets
Quand la précieuse intimité
Atteint de mémoire
Les provinces riches
De nourritures astrales
La somme de ces désordres
Libérée au compte-gouttes
Comme une denrée rare
Peine jusqu’ au cœur
Qui de rage accompagne
Les spectres oppressants
De ses furieuses berceuses