Les envolées

Un jour Mères
Dans des bains de jeunesse
Vous verrez naître des filles de personne
Elles allumeront telles des lucioles
Des cercles lumineux
Et déposeront les graines
De mauvaises herbes
Qui demain éveilleront
Dans la blancheur du soleil
Les âmes envolées

Réveil de la réalité

L’allée s’étire droit devant
La perspective s’enfonce
Dans les brumes pâles
D’un matin d’hiver
Des bras squelettiques
Qui demandent à voir
Où se trouvent les cieux
Se dressent comme
Les pointes des épées
Des pas fantômes
Traînent sur le sol
Las de porter leurs corps
Les âmes fatiguées
Ouvrent des portes
Où se mêlent les temps
L’on devine aussi
Des voix enrobées
Retirées dans des chambres invisibles
Ne laissant passer
Qu’une poussive question
Qui êtes-vous ?

Le corps répondant

Une fin de nuit
Dans une aube sans oiseaux
Où l’esprit est retiré du temps
Où l’attente du jour est une cérémonie
Revenir de ces heures d’absence
Comme on revient d’un voyage pénible
Les yeux rôdent dans le noir
Comme pour garder en mémoire
Un pays qui donne à voir
L’autre bout de la pensée
Qui s’installe tantôt dans le cœur
Tantôt dans le corps répondant