Sans appel

Songe que demain t’appelle comme le chant du coyote
Crains de voir s’approcher l’interdit de naître encore une fois
Et regarde les galets revenir se coller à l’écume rageuse
La nuit se gorge de tant de bruit
De passages à la lanterne
Et demain s’offre à toi
Comme une plaine déridée

Les landes


Dormir encore dans les landes
S’écrouler de fatigue
Parce que rien ne s’inscrit dans le vide
Ici même les rires ne passent pas
Ils sont derrière le souvenir d’hier
Étroit tunnel passant
D’heure en heure
Il libère un soupir de bien être
Masque emprunté au couchant
Et les signes de la nuit
Fils luminescents
D’un rayon à peine perçu
Détournent la voix sacrée d’un appel
Étonne-moi par ta rudesse
Calme la ride sur le front
Et chante l’air sauvage
Du plaisir incertain

Volare via

Un doigt pointé vers la poussière
Accuse les corps de tant de grâce
Les os percés comme des flageolets
Entament le chant de la résistance
De sorte que les oiseaux
Au-delà de leurs branches
En appellent au receveur
Pour leur accorder un temps de paix
Mais son oreille se bouche de tant de fracas
« Je pille tant que je peux, dit-il.» 
Câlinant du regard les éthers secoués
Immobile sur un bout de terre
N’a jamais tant pleuré
Son nom souffle comme un vent mortel