D’un œil je te regarde
Et pourquoi ne pas dire
Que dans le fond
Ce que je vois
Ballottée dans le tumulte
C’est la douceur de ton âme
Le charme des heures
Si brèves
Planqué derrière le temps
Irritant de dureté
Les sursauts paresseux
Des semelles lourdes
De passes en impasses
Qui étourdissent de douleurs
D’un œil je te regarde
Et ce que je vois
Ne ressemble à rien
Qui est mien
Les mots dans les doigts
Et la douceur de ton âme
L’homme mi-clos

Groupe de femmes

Le baiser

Les champs marins
Les champs marins vidés de leurs substances
Par des machines plus lourdes que l’eau.
Les jetées de travers
Gardent, capricieuses les algues puantes
Les rouleaux bien rangés
S’attachent dans le crépuscule de l’été
A la poussière soulevée
Femme au turban

Mélancolie nocturne
Parce que rien ne semble beau
Cachés derrière des vitres sales
Les corps rapetissent
Deviennent myriade d’atomes
L’air les promène de travers
Il travaille sur l’impression même
Dans la mélancolie de la nuit
Un rayon distant bute
Sur des vases remplis de tiges pourrissantes
Hier encore jeunesse flamboyante
La bouche ouverte accompagne le geste
Hurle alors même
Qu’elle n’a plus de voix
Tigan

Passeur
Et les sombres passeurs
Tendent des mains
Pareilles
A des lames
Encerclent
Ici et là
Les âmes enchantées
Perdues à jamais
Dans l’émeraude
Et le bleu cobalt
Tenir
A quoi bon résister
Nul ne vient de là d’où je viens
Les hivers plus durs encore
Que les hivers les plus durs
Quand les liquides descendent en plaine
Et recouvrent les tapis de fleurs anciennes
Nos mains pressent la mousse
Comme de vieilles éponges