Les prairies

Les prairies n’ont pas besoin de nous
Pour tutoyer les ardeurs du dessous
Ni pour accueillir les tensions invisibles
Les beautés terrestres foulées
De pas ravageurs
N’ont pas besoin de nous pour
Renaître dans la lumière
          Les tensions de la corde
          Plus purs que les cris rageurs
          Chantent plus haut
          Que l’oiseau

La prairie n’a pas besoin de nous
Pour absorber les gouttes
Des sources nourricières
Où baignent
Les danseurs aquatiques

Désaxés

Trouve un mot, un seul
Qui ne passera pas inaperçu
Un mot nouveau
Terrible en son sens
Qui sonnera comme
Les trompettes d’airain
Dans les temps inédits
Un mot terrible
Qui fissurera
Les esprits tourmentés
Et les clouera sur place
Comme celui qui cloua
Le monde sur son axe