Vagabonde

J’ai abandonné
Le chemin sur ma gauche
Trop encombré
Le chemin sur ma droite
Trop incertain
Le chemin présent
Passe par le corps
Bravant l’espace
Il s’accorde à l’œil nu
Aux curieuses matières
Je marche
Les yeux fermés
Mollement envahie
Par les ardeurs piétinées
Le ciel dans les bras
Ne soulage pas de la désolation
Phénomènes habituels
De calques de claques
Qui pour un instant
Supportent le fardeau

Le poison

Les jours noirs de nuit
Les derniers
Pleins et douloureux
Font grand bruit
De même que
Le son grave des horloges
Au fond des sommeils artificiels
Dans les chaussées luisantes de pluie
Se reflètent les délices perdus
Le regard s’interroge
Ai-je bu tant de poison ?
Mon ombre s’affole
Et me dit
Faut-il toujours creuser l’hiver
Pour entrevoir un filet de lumière

Storm

Va ! Prie les princes savants
Que de ta bouche
Sortent des vers embaumés
Inaudibles dans la barrière du vent
Va ! Écoute l’air triomphant
Venant des plaines
De la gorge des princes
Va ! Pâlis sur la terre
Comme le marbre sur ta tombe
Tes veines chargées de plomb
Jalousent le chêne centenaire
Va ! Danse dans le ciel
Grisée de liqueur parfumée
Ton âme n’entend pas
Le tonnerre précédant
Les poignards assassins
Vois ! Les foules prises d’assaut
Plongées dans les ténèbres
Ne font pas la forêt